Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 23:35

 

 

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J’aime la lumière du monde, j’aime la vie en elle même.

Pourtant ce n’est pas une moindre vérité que je dois mourir.

 

Rabindranath Tagore, la corbeille de fruits

 

 


 

           Souventes fois (si, si c’est français) je me demande, non ce que je vais écrire, mais ce que je vais publier sur mon Blog. C’est la raison principale pour laquelle je publie si peu. Certes je pourrais rendre public ici, donner à lire, deux ou trois textes un peu soignés, des récits de voyages, et je le ferai peut-être, mais je crois qu’il faut savoir éviter la logorrhée. Les gens de gout me l’accorderont volontiers, il n’ y a rien de pire en Littérature que l’inondation. Il n’y a rien de plus affreux que tous ces auteurs qui vous assomment liquidement (si je puis dire) de leur savoir, leurs opinions, de leurs conseils... de leur talent etc... Le blog permet cela, et d’aucuns ne s’en privent pas, sous des faux airs anonymes ou nommés. Les tomes s’accumulent, les pages s’empilent, çà bouillonne, çà afflue, çà se répand, çà gicle... Bref c’est assez répugnant. Ainsi s’entassent des tonnes de niaiseries dans les librairies, plus rarement dans les bibliothèques. L’auteur finit parfois à l’Académie Truc-muche, au Club des Machins-Choses, et ses bouquins en Best-Sellers pour adolescent attardé.

 

D’autre part je pense que ce qui fait la Beauté ou plus simplement le charme d’un Blog, sa spécificité littéraire nouvelle, c’est sa fraicheur de ton, sa nervosité surprenante, la vitesse de sa publication. Entre ce que j’écris, le bruit des touches sur le clavier et le moment où vous me lisez il peut n’y avoir que quelques secondes. C’est neuf et c’est précieux. Aussi après y avoir bien réfléchi, je crois que pour donner une suite à mon Blog, il me suffit de donner de mes nouvelles. Je voudrais pouvoir intituler ce blog: «nouvelles fraiches» et faire en sorte qu’il puisse se lire aussi facilement que l’on boit du vin rosé, sur une terrasse, en Italie, si possible en Toscane, ou en Ombrie, non loin d’une belle architecture ancienne qui dore au couchant. 

 

Quelque chose de frais et de léger, qui m’accompagnerait jour après jour jusque dans la Mort prochaine. «La quoi» dites vous ? Ah oui c’est vrai il est devenu interdit de mourir, d’ailleurs plus personne ne meurt plus. Ceci dit ma comparaison est précise car au fond toute personne qui écrit aujourd’hui le fait à l’ombre de grands ancêtres, plus ou moins imposants, dont la haute silhouette se découpe et s’allonge derrière nous. Et toute personne qui écrit le fait, plus ou moins consciemment, contre la perspective funeste qui nous guette tous et ne manquera pas d’anéantir nos travaux, notre réputation, et jusqu’à notre vanité.  Et puis je n’en ai pas l’air, mais je fais très attention. A n’écrire pas pour les éditeurs de métier, à n’avoir pas choisi de publier par leur truchement, je n’écris pas non plus pour personne. Et pour ne m’adresser pas «à l’Ange de Laodicée», je ne lance pas non plus mes lettres dans le Néant Bleu. Certes non. Je m’estime trop, ainsi que mes lecteurs et mes lectrices, pour les gratifier de cette Imposture.

 

 

les mots sont la chair de ma vie

 

C’est une chose un peu difficile à faire comprendre aujourd’hui mais «les mots sont la chair de ma vie». 

 

Difficile à faire comprendre car comme disait si bien, il y a quelques années, une Publicité pour un Supermarché:  les mots «ne sont que des mots» (par opposition aux Prix bien sûr ! et à l’Argent évidemment ! qui comme chacun sait est le seul réel tangible, l’argent roi, la vraie valeur, etc... etc...). D’autre part mes lecteurs et mes chères lectrices auront sûrement remarqué que l’usage du langage de nos jours  est surtout de fausse monnaie. La communication (dans les médias en particulier mais pas seulement), le bavardage-masque, le langage faux, tient lieu d’expression, et c’est toujours une Escroquerie. C’est un fait trop aisément vérifiable. Il suffit de regarder un film, d'écouter la radio, d’allumer la télévision.

 

 Au contraire le véritable écrivain (noyé sous la masse des faux) cherche à dire la vérité de son être. Et on le lui reproche beaucoup. Je suis peut être le seul à l’observer mais l’Expression de Triomphe des journaux, à chaque fois que meurt un écrivain, (ou un pseudo-écrivain que l’ ignorance crasseuse des journalistes aura élevé jusqu'à ce titre) a quelque de très étonnant et qui en dit long sans jamais rien dire. Les pompes funèbres travaillent aujoud'hui par SMS et quoiqu'en disent les condoléances, toujours surfaites, jamais sans plaisir. L’Ignorance en matière deLittérature a atteint ces dernières années un comble qui a failli rejoindre son acmé avec l’élection de Patrick Poivre d’Arvor à l’Académie Française le mois dernier. Une certaine  Pudeur a retenu les vieilles personnes du Quai Conti d'élever jusqu'à l'honneur suprême ce gentlemen-scripteur. Ma seule objection était: «oui, mais à condition d’accepter aussi Marc Lévy... il faut être sérieux et équitable». J’en ris. "Au train dont nous allons", comme disait joliment Marcel Proust, pourquoi pas ? Il m'en souvient à cette heure: Combien de fois un ou une imbécile ignare m’aura traité de «beau parleur» avant de s’en aller boire à grandes lampées les débilités de quelque tribun des foires ?

 

Je ne sais pas vous mais pour ma part je n’écoute presque plus les gens. Otez de leur conversation l’argent, la politique-spectacle, le cinéma, la bouffe, les voitures, la haine de l’autre sexe (plus encore que le sexe), - tous sujets qui ne m’intéressent pas - qu’est ce qu’il reste ? Hum... Pardon ? Vous dites ? C’est une mauvaise question. Désolé mais je n’en ai pas d’autres. 

 

Pour ma part, en toute humilité, c’est la Vie Mentale qui me sauve, ce que j’appelle «les activités cérébrales» qui occupent mes journées. Elles me soulagent assez efficacement  d’une vie collective parfois un peu pénible, qui me porte surtout à la somnolence des mieux élevées. Il n’est pas rare qu’au cours d’une conversation, la part invisible de moi même ne dorme à poings fermés. En Voyage je repose 5 heures par nuit et je suis réveillé à l’Aube. A Paris, si je m’écoutais, je dormirais toute la journée, et je me réveillerais la nuit pour lire. Tout m’assoupis horriblement et je somnole comme un petit vieux. Je prends un café, j’écoute un peu de Bill Evans. Cette hystérie organisée qu’on appelle une grande ville m’est soporifique au possible, et s’il n’était mon travail (que j’aime), l'énergie redoublée de ma douce et tendre, et le génie des Livres, je ne quitterais plus mon matelas, ma couette et mes oreillers (que j’ai d’ailleurs excellents).

 

 Dans ces conditions je me replie sur l’essentiel, c’est à dire les mots, c’est à dire l’Etre. J’ai lu quelque part que le pauvre DSK, déprimé par ses aventures rocambolesques, jouait aux échecs et faisait des équations pour se consoler d’avoir été pris ...«la main dans le sac»... pour ne pas être plus précis. C’est charmant, un peu poseur, dandy moderne, mais j’aurais préféré qu’il s'intéresse aux mots, aux expressions qu’il emploie, et notamment au mot «matériel» dont il use pour parler des jolies dames de sa compagnie. On y entend clairement le latin «Mater», la Mère, et cela nous en dit long sur un complexe d’Oedipe mal liquidé. 

 

 

 

Qu’entendre ?

 

Non je n’écoute plus les gens, ce n’est pas assez intéressant. 

 

Ou plutôt j’écoute leur manière de s’exprimer, ou encore leur Inconscient à travers les mots, et enfin cela devient audible. Un exemple, là, au Dôme de Villiers, Paris 75017, où j’écris ce lignes, derrière un jus de citron pressé. Deux gros types sont près de moi, encastrés dans des fauteuils mous, et parlent à voix haute. J’ai ôté mon casque Bower and Wilkins, pour avion, à réducteur de bruit, qui résiste aux réacteurs des longs courriers, le temps de les écouter dix secondes. Il s’agit de deux ex-Normaliens enrichis dans les Médias, si j’en crois ce qu’ils disent. Leur bavardage est inepte, comme d’habitude, ils font juste du bruit avec la bouche. Ils s’ennuient l’un l’autre et cherchent à se fasciner. En revanche ce qui est intéressant, c’est comment ils se toisent, s’observent, se testent de biais d'un air torve, en bouffant les cacahouètes qui ont servis de rince-doigts aux organes génitaux des serveurs. Leur discours est oblique, on dirait qu'ils jettent les mots en pâture aux dents de l’autre, leurs paroles ne rencontrent jamais leur corps. L’un et l’autre cherchent à savoir ce que l’autre pense vraiment, là où il en est. Un espèce de mensonge rotatif. Et tous çà sur fond de « qu’est ce que nous sommes amis, depuis le temps que nous nous connaissons, qu’est que nous nous aimons bien». J’en suis fatigué pour eux. L’objectif ? L’arrivisme social. Les jeux de réseaux, alliances objectives, subjectives, fric, position, pouvoir. Je remets mon casque: Miles Davis.

 

Parler à côté de son corps, voilà un défaut classique de nos jours. François Hollande, que je préfère à Sarkozy, a néanmoins cette caractéristique d’ambitieux calculateur qui vise toujours à côté de sa parole. Ecoutez le bien, Il ne sait pas ponctuer les accents de phrase de ses discours, son corps est en porte à faux par rapport aux mots qu’il prononce et c’est par la plaisanterie (car il est drôle, et lui, volontairement, contrairement à son comique prédécesseur) qu'il se dédommage de cette angoisse. Ce qui veut au moins dire trois choses : il est lucide, il n’a pas écrit ce qu’il lit, il ne croit pas ce qu’il dit. 

 

 

à suivre...

 


Par Philippe Parichot - Publié dans : aaaahooooohparichotphilippe
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Jeudi 15 mars 2012 4 15 /03 /Mars /2012 17:53

 

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Un Corps 

 

 

 

 

 

Lu Xun, l’excellent écrivain chinois de la première moitié du XXème siècle intitula un recueil d’essais «Fleurs du matin cueillies le soir». C’est joli. Et c’est un peu le problème des petits textes que je publie de temps en temps ici. J’essaie bien de penser deux trois choses et de les partager, mais à peine les ai-je écrites  qu’elles sont déjà un peu défraichies, et c’est tout juste si je décide de bien vouloir les publier. J’ai ainsi des dizaines de textes qui restent dans l’ordinateur en réserve parce le temps de leur cueillette n’est plus. J’ai dormi, j’ai tardé, j’ai toussé: il est trop tard. Il reste un fond d’idées, plus ou moins claires, ruminées, et qui font plus mal à la tête qu’autre chose. Qui sait que «lire» a la même origine que cueillir ?

 

 

 

Je m’étonne toujours de la haine que je génère. J’ai des défauts, certes. Il m’est arrivé d’être injuste, de me tromper. Mais pas plus qu’un autre je crois. Pourtant je note l’étrange atmosphère de mépris et d’antipathie qui m’entoure au quotidien: je gène. Pas tout le monde c’est vrai et j’ai aussi de rares et très généreux soutiens mais bon l’impression générale est là et très nette. Vous savez, Il y a dans le domaine de la sensibilité générale aux choses de la vie, une finesse de l’oreille, comme en musique, et tout le monde ne l’a pas. 

 

Mamy choucroute


Voyez, par exemple. Il n’y a pas une semaine où l’on ne me fait sentir que je devrais être gratuit, que je coute cher. Vous n’imaginez pas le mal que j’ai à obtenir mon dû. Dans mon modeste travail d’initiateur au savoir lettré. Indépendant. Toute cette culture littéraire, philosophique, artistique, n’est ce pas, c’est de l’air... "Mettons nous bien d’accord, cher Monsieur, la culture çà ne se mange pas... alors OK, on veut bien faire semblant, éduquer nos enfants,- d'ailleurs des moutards bien affreux et ingrats devant les parents magnifiques que nous sommes, mais passons-  on veut bien encore leur donner un vernis pour faire genre, qu’ils aient un jour de gros diplômes et surtout plein de pognon, d’accord, mais tout çà ne vaut pas une bonne choucroute maison, n’est-ce pas ?  un bon couscous merguez !  Hein !  Grogneugneu. Et puis le nerf de la guerre c’est l’argent n’est ce pas ? Y a que çà d’important aujourd’hui tout le monde le sait ! Ne soyons pas hypocrites !  Méfions nous des beaux parleurs comme Parichot...  L'insolent ! j'en bafouille ! Il ne court pas même après l'argent qu'on lui doit... (Mais dans la famille tortue, c'est bien connu, on ne court pas après les rats). La littérature, éclaircissons çà une fois pour toute, c’est du vernis pour les salons où on ne va plus... Qui nous inviteraient ? Ignares que nous sommes !  le Lettres, c’est bien connu, c’est au mieux du Patrimoine ... le Notre de Patrimoine d’ailleurs à nous bons bourgeois intégrés et possédeurs de bâtiments et faiseurs de gros cacas odorants... c'est notre propriété quoi la Littérature... ne nous y trompons pas... Une propriété qu’il nous suffit d’apprendre à parcourir, posséder... C’est tout juste une question de Temps. Et il voudrait des sous pour çà Parichot !  Pour Nous expliquer ce qui Nous appartient ! Alors qu’il suffit de savoir lire... C’est déjà bien gentil qu’on s’intéresse ... déjà qu'on s'est débarassé du latin ! du grec ! Ah la canaille ! Le voleur !  «le pov con» ("con" c'est une affaire entendue depuis longtemps, un beau "con" bien rond comme un derrière de poule, ou comme un Oh de scandale devant ce que je suis, et puis "pauvre" bien sur car somme toute l'argent reste le critère décisif du bling bling, sa valeur absolue, et il faut que je sois pauvre, c'est un Ordre). Ah le salaud..., «le couillon». Alors que tout çà c’est à Nous...

 

Sans doute le fait que je passe une partie de mes journées à ne pas être trop impoli avec des ignares crasseux d’une vulgarité abyssale et qui n’en finissent pas de se contorsionner pour ne pas apparaitre trop clairement ce qu’ils sont, y est pour quelque chose... Saint Ciel - alalala si vous deviez comme moi fréquenter des avocats (censés être un peu cultivés) tous juste bon à bouffer des romans policiers débiles, traduits de l’américain... quelle langue... Ou je ne sais trop quel cadre ou responsable d’entreprise  qui me regardent de biais en se demandant ce que je peux bien penser de leur vie mentale. Evidemment je ne dis jamais rien, je suis l’homme poli par excellence, courtois toujours je reste. Mais le doute est là, instillé: ils ont un peu honte... oh pas beaucoup !  juste un peu, le temps de penser à moi, de me voir... mais le mal est fait: Or la honte est un sentiment que les puissants n’aiment pas. C’est un peu leur sparadra du capitaine Haddock. L'endroit par où on pourrait voir qu’ils sont fous. Le temps de m’entendre, quelques secondes, Ils décollent un instant les yeux de leur crétinerie double couche, de leur «ignardise» (je suis obligé d’inventer un mot) et surtout de leur fabuleuse capacité à en jouir grassement - un peu, il faut bien le dire, comme les porcs dans la fange. Je dirais que dans ces moments ils accusent terriblement la différence entre la grosseur de leur voiture et l’étroitesse de leur cerveau. Et en pétant  hautainement dans leur quatre-quatre, ils envisagent soudain l’hypothèse que d’intelligence réelle qu’ils étaient lorsqu’ils étaient adolescents ils sont devenus avec l’âge de très vaniteuses bananes à diplômes, mais vraiment, et cela dit sans méchanceté, et en toute objectivité: de très fastidieux crétins. Et si leurs enfants allaient en prendre conscience ? leurs amis ? Non décidément ce Parichot est très antipathique.

 

 

 

 

Incompréhensibles


Ce que je fais n’est certes pas répréhensible. (Soit dit en passant, cela ne me rend que plus antipathique. «Il n’est pas même malhonnête comprenez vous... ! çà lui donnerait un genre à ce con  ! du style ! » Il est facile à prouver  que le petit bourgeois ne respire fondamentalement que de délinquance, qu'il ne sait plus jouir que de l'illégal de son mini-monde, persuadé qu'il est lui-même de sa nullité; il adoooore la mafia, les jeux d'assassins, le marché noir, le fric détourné, les enveloppes garnies, etc..) Mais surtout je crois que ce qui gêne dans mon travail, c'est que ce n’est pas PREHENSIBLE. Et que c’est là le problème. Il n’y a rien à prendre dans ce que je fais, à peine à apprendre... Je travaille dans l’intouchable... l’impénétrable... Je suis un ouvrier de l'éphèmère... Seul le passage fugitif des mots vient griffer de la surface mentale, avec légèreté et délicatesse,comme de caresser, émouvoir, en glissant... à peine... je vais, je viens, je meurre, je renais, je m'en vais...

 

 Et je dois dire pourtant que mes humbles mots, certains les prennent franchement pour des baffes, que dis-je mes mots deviennent des soufflets... ou alors mes expressions des torgnolles, mes manières des mandalles... ou encore, des chiquenaudes... à chaque fois qu’ils entendent ou lisent une expression inadéquate, non idoine, incongrue, cela les irrite, les agace bizarrement, à la manière d’une mouche d’abord, puis, paf, d’un moustique. Mais ne peut-il donc pas s’exprimer comme tout le monde celui ci ? Et le bon sens Bordel ! Il se fout de notre gueule... N’est-il pas assez affecté ? Il est pas pédé au moins ? «Moi je suis sûr que si» pensent-ils en me chassant comme une idée grise, un souvenir désagréable. Tout çà pour de simples mots. Et savez vous ce qui les agacent ? J’y ai bien réfléchi et je crois avoir compris. Ce qui les agacent, c’est que tous ces mots ne servent à rien (selon eux). Pire: ils ne rapportent d’argent à personne, en rien cela ne fait augmenter le produit intérieur brut de quoi que ce soit, et ils font, blasphème des blasphèmes, perdre du temps à tous ces gens qui, soit dit en passant, n’en font généralement rien de bon.  

 

Bon, et puis, ne soyons plus naïf, mon insoumission agace. Surtout cette insoumission tranquille, sans spectacle, qui prétend vouloir vivre avec les autres, et qui est la mienne. Une insoumission de détails qui paie assez volontiers ses impôts, ne se crispe pas dans des scandales, se contente de feindre de ne rien comprendre aux Informations, et de ne pas regarder la télé. Une insoumission un peu ironique, soit, mais qui ne dit pas à quoi elle ne se soumet pas, tout en faisant bien comprendre qu’il y a un décalage, un désaccord, une disharmonie quelque part, des pixels morts sur l’écran rétina des transparences trop bien lavées. Alors soudain ces braves employés du réel odieux, simplement parce que je ne me suis pas exprimé comme ils l’entendent et comme le Pouvoir l’autorise (ce ton de Pouvoir qui remplit les caisses)  voilà que je les rend despote. Ces serfs d’un nouveau genre, qui ne lèvent que rarement les yeux du travail, ces poulettes névrosées qui pourraient rester figées pendant des siècles dans la prison de leur pose de supériorité comique; lls, elles, se mettent à jouer les Néron. Mamy Choucroute garnie devient Messaline aux yeux noirs, Papy boudin blanc devient Caligula le profilé...  Ils s’emportent... s’échauffent... çà va barder moi je vous le dis... Et tout çà  parce que je n’emploie pas les mots qu’il faut et parce qu'ils me voudraient aussi esclaves qu’eux... («esclave queue», oui, oui, évidemment, c’est aussi cela).  Ah Mesdames, Messieurs, Faut-il être bien fait...

 

à suivre... 

 

 

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Par Philippe Parichot - Publié dans : Deux ou trois choses que je sais de lui
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Dimanche 26 février 2012 7 26 /02 /Fév /2012 11:16

 

 

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La vie comme je l'aime, le vent, l'océan, le voyage (Janvier 2012)

 

 

 

 

 

 

Je suis long à écrire peu. C’est un fait. Je ne peux pas écrire plus vite. C’est peut être qu’il est plus difficile d’écrire quelque chose d’un peu intéressant que mille sottises derrière lesquelles on se cache... pour faire ses petites affaires persos.... Aujourd’hui je voudrais réfléchir sur le rapport très étrange qu’entretient notre Epoque avec le domaine de la Littérature et l’Art d’écrire en général. Je voudrais déceler les lieux communs et les poncifs qui hantent ce domaine sous l’influence du Cinéma (cette pollution), la haine dont ce domaine est l’objet sous de faux airs d’envie. A ceux qui trouvent que je me plains tout le temps je dirai que je ne fais que décrire, comme beaucoup avant moi, l’éternel règne de ce les théologiens anciens appelaient «péché originel» notre lot. A chacun de vérifier si je ne délire pas trop, si ce que je dis correspond à une forme de réalité.

 

L’écrivain, plus faible que les autres hommes

 

Franz Kafka, l’écrivain tchèque de langue allemande, disait de l’écrivain qu’il était reconnaissable  à ce qu’il était plus faible que les autres hommes, dénonçant par la même l’image du poète-roi, à la Victor Hugo ou à la Claudel, comme un doux fantasme politique des gens humbles, celui d’une classe sociale à la recherche d’un pouvoir qui lui échappe (et qui lui échappe encore largement en dépit de ses efforts répétés d’acquisition et d’empilement de biens matériels).

 

En dépit d’apparence paradoxale ( écrire est aussi une forme de puissance), et bien que je n’entretienne avec cette forme de savoir qu’une accointance lointaine, trop lointaine, que je ne sois moi même que beaucoup moins qu’un écrivain, à peine une belle plume, un simple noueur de Lettres, je crois cela assez vrai. Les écrivains ( je répète, les vrais, non les vantards bouffis d'orgueil qui s’en targuent, comme il y en a énormément aujourd’hui) même et surtout les très bons, sont depuis toujours et pour toujours plutôt en situation de faiblesse terrible, même si cette faiblesse n’implique pas forcément l’humiliation dans laquelle la société petite bourgeoise fantasme de les réduire. Là encore contrairement au lieu commun à la mode qui présente la Littérature comme un Art apprécié parmi d’autres, je crois la Littérature haïe, et je pense qu’il il arrive toujours un moment où l’écrivain, le vrai, ne rencontre presque plus que des ennemis, car il décrit précisément ce que presque personne ne veut entendre. Aussi y aurait-il beaucoup à écrire en montrant que les principaux livres importants de la Littérature ont généré autour de l’écrivain une incroyable Haine, mine de rien, une haine générée et concertée, je le répète, contre les plus faibles et les plus tendres des êtres humains. 

 

Cette faiblesse de l’écrivain tient à de nombreuses raisons et le phénomène est si facilement observable qu’on peut l’expliquer de nombreuses manières.

 

La première est que l’écrivain peut se glisser dans différentes personnalités, il en sent des milliers, il peut se glisser tel le Zelig de Woody Allen dans mille corps, il a cent mille vies, autant que de gens qu’ils rencontrent. Cette proximité entre son corps et la réalité même est très fatigante. Chercher la réalité du réel tout en étant soi même réel est atroce; il est certes plus facile de fuir dans des faux semblants, et on ne peut reprocher aux gens cette fuite. La seconde c’est que son rapport au réel est d’une richesse immense: loin du désir de Pouvoir ou d’acquisition des richesses matérielles qui obsèdent tant de gens embêtants, l’écrivain, que ses dons confinent à l’hypersensibilité, se concentre avec une puissance énorme sur la capacité d’expression. C’est très fatiguant. La troisième c’est que l’écrivain essaye de s’exprimer, de faire sortir de l’intérieur vers l’extérieur. C’est un effort et un plaisir, une grande joie, qui peut avoir pour conséquences d’aider les autres gens, des lecteurs, tous ceux qui ont plus de mal à s’exprimer. C’est un travail de verbalisation fondamental, nécessaire à tout société, qui permet de sortir des tabous, des non dits, mais aussi d’éclaircir les zones d’ombre où se réfugient le mal et les méchants. Mais c’est très fatigant.

 

Enfin l’écrivain perd son temps. il est bien évident que son travail est peu rentable économiquement, qu’il s’attache surtout à la beauté du temps perdu, ce qui en nos temps de rentabilité, y compris affective, est un solide blasphème. 

 

Longtemps les lecteurs avaient la politesse de remercier les écrivains; ils le disaient: je remercie l’écrivain d’avoir bien voulu exprimer ce que je n’aurais jamais su faire: c’était le devoir de gratitude. Et à juste titre on les admirait (ce qu’ils n’appréciaient pas toujours, par pudeur ou par fatigue de devoir eux même remercier de ce remerciement). Ce fut longtemps ainsi. 

 

Les nouveaux zombies

 

Je souhaite tous les jours davantage qu’il existe encore des lieux, des familles, des cercles d’amis, où la qualité des rapports humains ne soient pas empoisonnée par ce que je vais décrire. D’ailleurs j’en vois de temps en temps. Je sais qu’il y en a, et j’espère que mes lignes pourront participer à leur mesure à l’amélioration du rapport au langage entre les êtres.

 

Mais je suis obligé de remarquer qu’aujourd’hui les rapport entre les écrivains et les lecteurs est ... plus compliqué. D’abord j’ai la sensation très nette que les vrais livres, ceux qui bouleversent, sont de plus en plus ignorés, et l’humanité s’est assez largement arrêtée de lire pour regarder la télé. Pire: elle s’est mise à agir comme dans la télé. Je rencontre de plus en plus de gens qui ont pris au sérieux la lecture du Réel proposé par les films policiers américains.  C’est fou mais c’est comme çà. Beaucoup de gens s’imaginent vivre dans «New York District» ou «Largo Winch» et croient que leur vie s'intègre dans ces fictions idiotes et insignifiantes d’autre chose que de la névrose obsessionnelle qui les a pondues. Quand ils montent dans leur voiture ils en sont là. Ils sont de plus en plus à vivre dans un jeu vidéo. Aussi même si par hasard, autre chose qu’une répugnante niaiserie réussit à arrêter les yeux d’un lecteur, j’observe que le rapport du lecteur au texte a évolué.

 

C’est que de nos jours, le vulgaire imagine toujours en savoir plus que tout le monde. Il ne tolère plus l’idée qu’on puisse en savoir plus que lui.  Et lorsqu’il est surpris en situation de devoir apprendre quelque chose, si quelque chose remet en question sa conception du monde, alors il le prend comme une manifestation du pouvoir de l’autre, presque une offense. Alors il se bat, entre en guerre, et aussitôt il se met à «sucer» l’autre (pardonnez moi l’expression mais je crois que c’est cela) de sa substance, comme un insecte vorace, et il se surimpose à l’autre en voulant prendre sa place. Il veut devenir l’autre pour oublier son insupportable moi, offensé, qu’il garde cependant. 

 

Il nous faudrait Lautréamont pour décrire cela. L’écrivain n’est plus cet autre dont l’écriture vous éveille et vous enchante, auquel vous êtes redevable d’avoir exprimé quelque chose que vous n’auriez su exprimer, mais celui que vous allez plagier (l’extraordinaire développement des plagiats aujourd’hui, cette industrie du copié collé !), voler, et dont vous allez dérober la vie (imaginaire). Ainsi se développent ce que les psychanalystes appellent des «faux selfs». Je dirais plutôt dans notre jolie langue française «des âmes d’emprunts». Ce qui est toléré par la nature chez les insectes, ne peut bien sûr donner chez les êtres humains que des êtres monstres, des moi égoïstes et ratatinés dans leur délire, assez dangereux aux autres, aux personnalités étranges et qui ne correspondent à rien dans l’antique taxinomie terrestre. Nous vivons des temps pleins de vampires, de zombies et de morts vivants.

 

Qu’est ce que la communication ?

 

C’est aussi que depuis quelques années, ( il est difficile que mes lecteurs ne l’aient pas remarqué), la classe moyenne a appris à «communiquer». A partir d’un certain niveau d’études et de soi disant compréhension du monde, les gens ne s’expriment plus, ils ne disent plus: ils «communiquent». 

 

Ce n’est plus même volontaire, c’est automatique:  Les mots ne viennent plus imprimer la sensibilité et exprimer leur être réel. J’ai chaud, j’ai froid. Non ils vous considèrent à priori et immédiatement, comme leur ennemi, en vertu d’une sorte de paranoia active qui vient matérialiser la lutte à mort des consciences. Une antenne invisible se dresse et vient déterminer votre position dans la grille des possibles humains et la possibilité de cette position, son autorisation. Un canon se tend: vous êtes visé. Gare à vous si votre représentation du monde n’est pas autorisée. Chacune de leur parole est alors pesée spontanément comme un communiqué de guerre. Nos amis zoologistes retrouveront là un procédé mis en place par les animaux pour assurer leur survie: le camouflage. Et cela ne prouve malheureusement que l’extrême et horrible insécurité affective dans laquelle vivent les animaux humains de notre époque de surabondance, et leur paranoia active.

 

Oui, chers lecteurs, bien tranquillement installés dans un fauteuil pour lire ces mots, vous ne le savez peut être pas, mais ils sont en guerre contre vous dans cette grande lutte fraticide, cette lutte de tous contre tous, qui dirige la vie du petit bourgeois, et qui lui donne comme seul clé de compréhension du réel: la Jalousie (Il va de soi que l’on est censé jalouser leur pouvoir, leurs femmes débiles, leurs voitures immondes, leurs maisons infectes, au même titre, si j’ai bien compris, qu’ils seraient fou de jalousie de nôtres... si nous en avions). 

 

Dans ces conditions toute leur intelligence, parfois très réelle mais complètement inutile, n’a d’autres but que de vous tromper et de faire valoir leurs intérêts  strictement financiers (quoique leur perversité en grimace de sourires affables, cherche toutes les positions de la sympathie, et hurle le contraire). Coincés entre la table de cuisine et le buffet, la télé et l’ordinateur, ce sont de graves névropathes, des redoutables abrutis anaphylactiques qui vous sourient et vous surveillent par dessus leurs lunettes cerclées. Ce sont les petits meurtres entre amis de la «middle class» moderne, très certainement une des ambiances les moins fréquentables de l’histoire des relations humaines.  La vie devient dans ces conditions une immense partie de poker, plus ou moins menteur, ou une perpétuelle bataille navale nerveuse. Parler ? Ecrire ? A quoi bon: autant dire: A5 B2 et vérifier ce qui succède. En espérant la destruction de l'autre. Tout est dit.

 

 

A suivre...

Par Philippe Parichot - Publié dans : Deux ou trois choses que je sais de lui
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Lundi 5 décembre 2011 1 05 /12 /Déc /2011 13:38

 

 

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Il m’est revenu le désir de publier un peu sur ce blog. Aussi j’interromps temporairement ma série sur les lettrés «experts de l’être», et leur supériorité dessus la gente affairée des soi-disant «scientifiques» - laissez moi rire. Pour l’instant j’ai envie de reprendre une peinture impressionniste de mon quotidien dans des publications plus légères. Je me souviens que très jeune, j’avais à peine 20 ans, j’‘étais souvent raillé par mes camarades de Khâgne qui me surprenaient «racontant» ma vie sous une forme narrative. Ils se moquaient avec alacrité « Ah Parichot, sa vie, son oeuvre». Et de rire. Je sais aujourd’hui que c’est moi qui avait raison. Nul n’existe qu’à la mesure de sa capacité à produire la narration de sa propre vie. Quelle qu’elle soit, pourvu qu’elle soit sienne. Aujourd’hui que  même Facebook se propose de raconter votre vie, à votre place ! (c’est ni plus ni moins une tentative de Viol...) aujourd’hui que mes anciens camarades s’enfoncent, comme dans un fauteuil, dans leur existence en une dimension, à demi décervelés par la télé, amolllis par des réussites qui n’en sont pas et qui ne leur survivront pas dix minutes, ayant vécu comme on dort, à la recherche d’une Mort qui les fascine, et ne manquera pas de les rejoindre, je persiste à raconter ma vie. N’en déplaise.

 

 

Ici il faut tuer ou être tué

 

Ici il faut tuer ou être tué. J’en étais là du jeu vidéo quand j’abandonnai la partie. C’était pourtant la première minute. Et je me dis face à cette alternative qui finit mal (à tant faire que de la supporter j’aurais préféré qu’elle fût rédigée dans l’autre sens) que mon blog, tout épisodique qu’il soit, c’était tout le contraire: ici vous n’avez ni à tuer, ni à vous tuer. Vous avez tout bonnement à lire et à respirer. C’est certes moins fascinant. Et je ferai sans doute un petit peu moins d’argent que les concepteurs de Battlefield 3. Mais j’ai aussi une vraie chance de ne pas vous prendre pour de complets crétins.

 

Crétins

 

Crétins. Le mot est lâché. D’aucuns trouveront sans doute que j’emploie un peu beaucoup ce substantif masculin. Il voit des crétins partout. Et de l’imputer à ma vanité toute particulière de «blogueur» dilettante. J’en rajoute pourtant ce matin au moment des infos du jour que j’écoute en écrivant ces lignes: Je considère par exemple Valéry Giscard d’Estaing comme une sinistre banane (il vient de commettre un nouveau roman des plus ridicules qui en dit long sur l’état de déliquescence avancé de sa substance grisâtre, manifestement moins érectile que ses corps caverneux), pour de nombreuses raisons qui justifieront un jour un «César du grand Con» à l’unanimité de la Postérité. Par exemple un parc à thème des plus stupides est de son cru. Mais je pense ici plus particulièrement à la phrase que cette céleste andouille affirma doctement au moment de l’entrée de la Grèce dans l’Europe: «On ne fait pas jouer Platon en deuxième division». Les connaisseurs de Philosophie Antique en sont restés la bouche en cul de poule... mais moins que les amateurs de ballon rond qui cherchent encore qui est ce redoutable avant-centre qui n’apparait dans aucune équipe connue. Quant aux économistes...

 

 Je vois de fait des crétins partout; c’est une affaire entendue. 

 

Je ne m’en sens pas plus intelligent pour autant. Je citerai juste pour illustration de mon  propos cette phrase de Guy Debord, (dont on ne recommandera jamais assez sa "Société du spectacle" et le commentaire qu'il en fit) de loin le meilleur commentateur politique de notre époque, extraite de Panégyrique, publié en 1989 (Editions Gerard LEBOVICI page 20): «L’immense accroissement des moyens de la domination moderne a tant marqué le style de ses énoncés que, si la compréhension du cheminement des sombres raisonnements du pouvoir fut longtemps un privilège des gens réellement intelligents, elle est devenue maintenant par force familière aux plus endormis». J’ai déchiffré rapidement dans mon post précédent l’étonnante personnalité du Ministre Woerth, son ambiguité fallacieuse de martyr postiche. Dans un autre style, tout le monde sait que les Banques, et en particulier la sinistre Goldman Sachs, sont des repaires de gredins sournois, des canailles innommables à accrocher au premier réverbère. Le moins vif des brigadiers d’Agatha Christie, le plus modeste gardien de prison de la plus humble des geôles mentales, le plus abruti des fouetteurs d’esclaves, pendu aux tensions irrépréssibles de sa verge raide, aux irritations putrides de son gros gland baveux, aux rênes da la plus misérable des BRP (Brigades de Répression du Bonheur), le sait. Le vrai drame est que presque personne ne fait rien. 

 

Ce que mes lecteurs et lectrices doivent bien comprendre c’est qu’il y a loin du Pouvoir au Savoir. Le Pouvoir est un acte de force qui ne demande pas particulièrement de compétences et qui en tient parfois lieu. Ce qui explique qu’il peut y avoir facilement de lourds crétins au Pouvoir. Et que l’on s’illusionne toujours trop sur ceux qui sont censés dominer. Nos amis italiens ne viennent-ils pas de nommer comme secrétaire d’Etat à l’Agro-Alimentaire un ingénieur en génie Civil spécialisé dans les bâtiments anti-sismiques ? (ce n’est pas une blague). Il est vrai que la veille ils avaient envoyé par mail la même nomination à un brave professeur canadien qui n’était au courant de rien et avait appris avec stupeur sa promotion dans le journal...

 

Le rêve est une autre vie, la vie est un autre rêve

 

Non, ni tuer, ni être tué. La vie se chargera bien en son temps de nous faire mourir sans qu’il soit nécessaire de nous mettre sous pression artificiellement au nom de je ne sais quelle optimisation de je ne sais quelle folie. Pourtant cet exemple du jeu video est symptomatique de notre époque et surtout d’une manière de ne pas vouloir être soi, de ne pas vouloir sentir sa propre vie. Et j’observe qu’il y a de plus en plus d’ahuris et d’ahuries qui fonctionnent dans cette alternative. C’est qu’aux anciennes formes de Guerre a succédé la Guerre de tous contre tous. Cette Guerre qui excite si souverainement ces nouveaux fous motorisés qui hantent nos villes et dont les «dominateurs» ont trop bien réussi à convaincre «les dominés». Il faut avoir vu des adolescents s’exciter sur leurs manettes... les adolescentes s’évertuer sur leurs souris... et les petits doigts s’agiter frénétiquement sur les téléphones portables... pour comprendre que quelque chose est en train d’avoir lieu dans le domaine de la Haine de soi et du réel. Haine très organisée et très partagée qui ressemble beaucoup à l’exercice politique d’une tyrannie.

 

Mais d’où vient ce désir d’être un autre dans une vie imaginaire ? Cette invitation à la propulsion dans le fantasme imagé. Est ce que, pour paraphraser Gérard de Nerval «le rêve est une deuxième vie» ? Je vois des explications bien plus prosaïques.

 

Il faut bien reconnaitre que la destruction systématique du décor naturel de nos existences, sa transformation en objet de consommation payable, n’encourage pas des esprits effrayés et sous-cultivés à l’admiration contemplative de l’Heureuse Nature, cette Arcadie, ni à l’enthousiasme hébété devant les complexes urbains complètement déments où ils sont censés s'épanouir béatement. Il faut reconnaitre aussi que la Bourgeoisie du XIX ème siècle, remplacée par Qui on sait, a exporté avec une certaine efficacité ses méchantes moeurs et ses angoisses de mauvaise conscience. Il faut bien reconnaitre que l’Espace Collectif est désormais fortement empoisonné, et que pour des populations terrorisées d’Informations, prises entre les deux tyrannies parallèles des policiers et des terroristes, il n’est guère jouissif... certes... Nous avons tous envie de voyager... Il faut reconnaitre enfin qu’il y a de moins en moins de vie, et de plus en plus de non-vies, toutes identiques et nulles, chez les esclaves ordinaires du quotidien consommable, que le curriculum vitae des gens du XXIème siècle est de plus en plus un destin affreux... plat et répétitif, une horrible course aveugle vers la mort, vaguement scandée de quelques plaisirs. Tout ceci est fort vérifiable, et explique le service après vente de l’horreur dans la production d’images fascinantes... mais faut-il que les gens soient fatigués pour refouler à ce point leur propre peau, leurs propres sens ! Vouloir à ce point «rentrer dans la télé» ! Nous ne sommes pas très nombreux en ce moment au Parc Monceau à vouloir  admirer l’Automne... la beauté transparente des arbres violets. Faut-il qu’on les ait bien embêtés pour qu’ils désirent à ce point être un autre et ne pas voir leur réel... Faut-il qu’on cherche à les exténuer avant qu’ils aient simplement la force de se défendre...  

 

Je me souviens à cette heure, d’un vieil homme à Naples, l’ex-comptable d’un Théâtre fameux, qui était notre voisin. Quelques jours avant sa mort il regardait la télévision avec un son très fort qui venait jusqu’à moi, qui lisait dans la chaleur moite d’un début de nuit d’été, sur le balcon d'angle mitoyen. Je l’ai longtemps regardé vivre ses dernières heures. Certes il était sourd, mais on sentait bien que ce pauvre homme était terrorisé et qu’il aurait voulu faire rentrer tout son entourage, la ville entière, dans sa télé. C’est que la peur de mourir et des éventuels châtiments ultérieurs (une solide superstition) vous rend solidaire du collectif et que l’on se ne sent vraiment rassuré qu’à l’idée qu’il n’existe qu’un seul monde, clair, compréhensible et qu’il peut être filmé.... la mauvaise conscience s’y trouve... toutes les trouilles... Je n’ai pas eu le coeur de démentir ce vieux Monsieur qui s’en est allé le lundi suivant.

 

Pourtant il existe au moins deux lectures du réel: celle de la télé et du cinéma et celle des livres. Et la seconde, qui contredit très souvent la première, n’est pas filmable.

 

 

à suivre...

 

 

PS: je précise que je n’ai rien particulièrement contre les gens nommés dont je me moque allègrement par ci par là. Je me le permets au nom de la Liberté d’Expression, valide pour quelques temps encore, peut-être moins longtemps qu’on ne le croit, et parce qu’ils ont choisi à leurs risques et périls d’être des personnalités publiques. Il est bien évident que je tolère sans problèmes, pour les mêmes raisons, les moqueries me concernant, pourvu qu’elles soient écrites dans un français agréable - ce qui arrive rarement. Cela fait partie du jeu.

 

 

 

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Par Philippe Parichot - Publié dans : aaaahooooohparichotphilippe
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Jeudi 17 novembre 2011 4 17 /11 /Nov /2011 06:45

 

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En promenade à Sydney (février 2010)

 

 

 

 Je ne «critique» pas «les sciences» dans ces pages. Je ne critique pas la longue tradition de pensée qui  s’efforce de penser «le réel» avec «rigueur» et cherche "le vrai" selon un principe de «raison» et dans la cadre d’une méthode balisée. Etc... Ce que je dénonce, en m’efforçant d’évoquer son envers obscur, c’est le dérapage de cette méthode de penser dans la vie quotidienne, son instauration en morale. Car non seulement les Sciences ont déserté la morale mais elles ont aujourd’hui la prétention de de se faire valoir «comme morale» ! (voyez le répugnant «téléthon», mais aussi le sceau de vérité que s’arroge le CNRS, comme si «scientifique» équivalait à « vrai», comme si "vrai" équivalait à "bon" etc...). Ce que jusqu’ici elles n’avaient jamais prétendu être - en des temps plus sages on se serait moqué. Phénomène qui n’est pas sans attirer l’attention du bon psychologue, la Morale cachant toujours quelque chose. Ces lignes sont d’une modestie pathétique mises en regard à l’évolution des choses et du monde. Mais je pense qu’elles valent les quelques minutes pour être lues.

 

 

Pas si pauvres

 

La première conséquence, à moins que cela n’en soit la raison, de l’étrange mépris pour les études de Lettres vient de ce que les Lettrés sont censés être pauvres... il s’ensuit toute une mythologie du malheureux écrivain dans sa chambre de bonne, héritée du XIX ème siècle, du scribouillard souffreteux dans une société saine, mythologie largement reprise aujourd’hui et qui ne fait sa place qu’au professeur d’Université, c’est à dire au fonctionnaire, à l’intellectuel tamponné, en bref à celui dont l’esprit n’aura jamais connu aucun risque (il en est dévalorisé d’autant). 

 

Cette mythologie est évidemment fausse, on peut très bien gagner sa vie et de manière indépendante, en ayant fait des études de Lettres. Et il n’est pas du tout nécessaire pour un Lettré d’aller émarger au ratelier des cocus (c’est ainsi qu’encore au début du XX ème siècle on appelait les universitaires) 1 pour bien vivre. Mais je me souviens des irritations que j’ai provoquées, des agacements très profonds, lorsqu’à une certaine époque j’ai commencé à gagner ma vie confortablement. Ce n’était pas du tout prévu. On m’avait programmé un destin de pauvre. Ce type: celui qui avait négligé ostensiblement Normale Sup, devenu un lettré aisé ? INDEPENDANT du spectacle... n'ayant pas besoin de vendre quoi que ce soit... comment ? il n'est pas encore mort ? J’avais beau être une exception, je gênais. Que pour moi l’argent ne signifie rien, si ce n'est un moyen parmi tant d'autres pour obtenir, parfois, ce que je désire, ni le Pouvoir, que je méprise, que je sois aussi à l’aise dans un bar à couscous de Saint Denis que dans les restaurants de l’Hotel de Crillon, et que j’ai décidé par un acte de pure liberté de redevenir modeste, et de vivre sur un pied plus humble, n’y change rien. La possibilité existe de s’enrichir grâce aux Lettres, la preuve est faite. 

 

On l’oublie trop, Emile Zola, Guy de Maupassant, et bien d'autres écrivains, ont eu des vies très confortables grâce à leurs livres, Maupassant possédait un grand voilier, le Bel Ami, entretenu à l’année à Marseille ou à Menton, d’où il se riait des politiques de son temps qui «travaillaient plus». Guy avait des garçonnières dans tout Paris, où il allait coucher avec de jolies femmes mariées, tout en vivant de manière très indépendante de ses parents, qu’il voyait rarement. Sa vie méritait tout autant d’être vécue que celle d’un ingénieur en climatisation auto qui passe 2 heures par jour dans les embouteillages du périphérique. Sauf erreur. Emile Zola, d’origine modeste, après la faillite de son père, l’ingénieur du canal du Midi, s’est offert grâce à ses romans une très belle villa en campagne et il avait suffisamment d’argent pour financer secrètement les anarchistes de son époque (il n’est pas invraisemblable que les services secrets de la Police aient «organisé» sa mort bizarre par asphyxie.)  C’est tout aussi bien qu’un médecin qui soigne des rhumes aux antibiotiques 11 mois sur 12. Aujourd’hui Michel Houellebecq, pour n’en citer qu’un, gagne très correctement sa vie avec des bons livres, et bien d’autres ont fait valoir leurs qualités de Lettrés pour s’enrichir largement et bien mieux que de pauvres «scientifiques» qui triment comme des tordus entre le RER B et la Défense. Que l’on ait essayé de faire croire le contraire est le produit dérivé d’une certaine bourgeoisie française apeurée, d’une classe sociale au pouvoir qui a peur de le perdre, tremblante non sans raison pour ses privilèges indus, et qui depuis deux siècles est proprement moquée et ridiculisée par les Littéraires, ses pires ennemis déclarés. Elle se venge. Mais les livres restent.

 

 

 

 

Un étrange savoir

 

Tout ceci sort d’un refoulement. Les Littéraires, les amateurs de latin, de grec, et d'autres jolies langues, seraient censés représenter un Monde passé, dépassé. C’est le discours officiel. Il suffit pour en juger de se souvenir des très amusantes déclarations du Pur Génie Céleste (nous ne pouvons plus nous le cacher) que nous avons collectivement installé dans les locaux de l’Elysée, et qui risque fort de devoir déménager, manu militari, et sans dire au revoir, pour des raisons toutes aussi collectives.

 

Or, les Lettrés sont dépositaires aujourd’hui d’un étrange savoir. Dans le nouveau monde ignare, sous-cultivé, bombardé de pub et de télé, de films stupides, de dessins animés régressifs, qui est déjà bien là, sous la houlette des «scientifiques» et autres»ingénieurs» à collerettes,  le Lettré est en quelque sorte le détenteur des clés de compréhension du réel. Il connait l’envers du décor, il est le contempteur des décadences, le contemplateur des dérélictions. Des exemples ?

 

Je ne vous cache pas que je lis surtout des livres de Poésie et de littérature et que mon existence est fort peu polluée par l’actualité qui ne m'intéresse pas; pourtant deux ou trois exemples me viennent à l’esprit.

 

La soi-disant crise de la dette, dont on ne saurait trop souhaiter pour qu’elle fasse exploser le système - les gens modestes ont beaucoup moins à perdre que les riches et leurs esclaves - est très facile à penser pour quelqu’un qui a lu Nietzsche  et la Généalogie de la Morale ( je ne veux pas rentrer dans les détails de cette affaire très téléphonée, surfaite et ennuyeuse, mais c’est Nous qui avons une immense dette à l’égard des Grecs ! - la langue ! les catégories de pensée ! vaste hypocrisie des Marchés financiers, des Banques, dont on ne dira jamais assez qu’ils sont un rassemblement de tout ce que notre société compte de plus ordurier).

 

L’affaire Bettencourt que j’ai suivie grâce à l’excellent site Mediapart, est limpide pour qui a lu «Théorème» de Pasolini. Le bel homo, l’ange partouzeur, fin et intelligent, débusqueur de névrose bourgeoise, devenu un Affreux ridé, ratatiné, vieille tante à Daronne, le subversif dandy mué petit bourgeois délinquant, économe... et ses échanges avec la rombière au chéquier, leurs lettres enflammées des Maldives à New York. Ah elle est belle la littérature... En voilà du bon goût à la française à enseigner dans les collèges mixtes, de l’exquis: Il initiait aux joies de la sodomie le sénateur de mari... (dixit la presse suisse, la seule autorisée à le dire). Un Ministre de la République... un ami personnel de de Gaulle ... Direct aux fondements ! Plop. Quelle plongée dans la réalité française... quelle sondage des matières... que les aventures de cette milliardaire déconnectée, ultra-gâtée, complètement à l’ouest, un peu fofolle, mais pas folle du tout, ( bien plus sympathique que la Smala avide de sa fille et de son beau-fils), et son godemichet en or massif en guise de presse papier (incroyable photo dans Paris Match). Alalala, si c’est pas une pitié ma bonne dame, une demoiselle si sérieuse, tasse coquille d’oeuf et cuillère anglaise, devenue ce qu’à Pigalle on appelle une «vieille à tata»... (Mes lecteurs qui ont un peu vécu et qui ont fait autre chose de leur vie que regarder la télé, savent qu’avec l’âge les dames un peu riches ne jouissent plus sérieusement que par le derrière... on a les zones érogènes qu’on peut...) sucée par des cohortes de profiteurs masqués dont un inénarrable gestionnaire de fortune, un certain De Maistre Patrice (rien à voir avec Joseph), joyeux rondouillard de vaudeville qui (dans un enregistrement que chacun peut écouter sur Mediapart) lui demande tout bonnement pour cadeau un voilier de 2 000 000 d’euros... « svouplait... pour mes oeuvres ...». L’austérité c’est pas pour tout le monde...

 

L’affaire du ministre Woerth, qui lui est liée, est également magnifique pour qui a lu Emile Zola 2. L’histoire de cet homme parfait, splendide technocrate, très beau personnage du roman contemporain est un enchantement. Eric Woerth, d’origine modeste, avait gardé de son enfance un air humilié (par la vie, par sa femme, par lui même) qui a beaucoup plu dans les milieux aisés où on aime le petit personnel obéissant, même s’il n’a pas évité de le faire salement virer lorsque son heure fut venue. On l’a sans doute trouvé «brave homme». Un technicien à envoyer au front des mesures impopulaires qu’on aurait voulu faire passer pour nécessaires. Un technocrate: un employé des Intérets qui le dépassent. Cet homme d’une inoubliable beauté romanesque, au front large, splendide, probablement très doué dans son genre, présentait tous les traits de l’intelligence de compensation (j’utilise l’imparfait, désormais sa maladresse l’a grillé; il ne fera plus que les comptes des ordures ménagères à Chantilly). Une méchante vie, des conditions d’existence difficiles: son esprit se développa jusqu’à l’hypertrophie. 

 

Ceci dit, quelque magnifique qu’il soit, je le soupçonne d’être modestement informé de l’Histoire Politique de son pays. Je lui vois aussi des petits progrès à faire en lucidité sur lui même et surtout sur ses amis. Un peu vaniteux ? juste un peu ? Toujours est-il que notre Héros, pendant que sa femme surveillait les phallus monstrueux des Etalons de Chantilly, (que Madame collectionne à temps perdu, comme d’autres les timbres-postes), vendait à bas prix les biens du Peuple français (dont il venait pourtant pourtant) à un autre type qui, aussi mariole que lui, s'est révèlé spécialisé dans les maisons de retraites médicalisées...  A ce moment de l’histoire, celui de la tombée du masque, quand le technocrate sérieux est apparu plus compliqué que prévu (comment aurait-il pu en être autrement avec ces gens redoutablement intelligents, pour le meilleur et surtout pour le pire), son air de cocker trempé, de chien battu sous la pluie, son faux air étonné, humilié jusqu’aux os, sorti de nulle part, complètement déconvenu, est à peindre. J’ai déjà le titre du tableau, « grand serviteur de l'Etat pris la main dans le sac». Je résume: d’un côté vous avez donc l’ex-ministre du Travail, en fouetteur d’esclaves, cherchant à imposer la retraite à 65 ans, de l’autre son copain qui vient piquer les économies des petits vieux en fin de vie !  ALLEZ HOP ! Ils auront travaillé pour rien ! Opération délestage ! Mieux que les pickpockets de Saint Ouen ! C’est alors que le site Mediapart nous apprend qu’un frère de notre susdit  Pur Génie Céleste, dirige «Malakoff Médéric» Organisme qui propose, je vous le donne en mille, des mutuelles santé aux travailleurs ... ben voyons... Quand son petit frère rogne sur les remboursements de la sécurité sociale... lui encaisse sur les mutuelles. On peut se moquer des magouilles de Berlusconi... des affaires de famille de Khadaffi... faire des leçons aux employés qui ont trop souvent le rhume... Décervelage et pompe à Phynance: sacré père Ubu. Mais combien de temps ces cochonneries vont-elles encore durer ?

 

Vous me direz: Rien de neuf pour des gens cultivés... du franc banal pour un lettré... que du très vieux très horrible... malheureusement... de la monnaie décriée... Tous ces gens sont absolument ennuyeux, voués à l’oubli dés le premier jour, et n’aurait aucune importance si par moments - et c’est l’unique but de toutes leurs vaines pitreries ivres de pouvoir - leur niaiserie n’avait quelque importance diluée sur nos quotidiens. Avez vous remarqué cette obsession moderne qui pousse tant de gens inutiles à s’imaginer du pouvoir sur les autres ? Et dire que dans 2 ans toute cette histoire aura été oubliée rendant ce texte fastidieux et ma peine pour l’écrire inutile et vaine... Il est flagrant qu’à notre époque (si ce n’est de tous temps) le Monde appartient davantage aux être de tempérament qu’aux gens d’esprit... aux brutes violentes et vulgaires... aux pénibles, aux lourds, aux immondes... plus de volonté que d’esprit parmi les hommes... je le vois ainsi... n’en déplaise...  A peine une originalité d’époque toutefois: l’inculture crasse et organisée est arrivée à ce point d’efficacité que même les canailles les plus viles,  les tyrans les plus infects ne savent plus qui ils sont, et que c’est fort sincèrement qu’ils voudraient se faire passer pour des agneaux. 

 

 

à suivre...

 

 

 

     1. Paul Morand raconte quelque part qu’au défilé du 14 juillet d’une année ancienne, alors que les universitaires défilaient en habit d’apparat, une dame du peuple s’était écriée: «voici les cocus» ! Ce que tempéra fort justement une autre dame qui parlait d’autres choses «ils ne sont pas tous là»...

 

     2 (les vrais enjeux des fameux projets du Grand Paris qui font baver si lubriquement nos gens de pouvoir et bien d'autres, sont très faciles à comprendre si vous avez lu «La curée de Paris»)

 

 

 

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été 2011

Par Philippe Parichot - Publié dans : aaaahooooohparichotphilippe
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  • : 13/03/2006
  • : Aisément je calcule de combien peu d’importance est mon impression personnelle pour la chose publique; mais j’écris pour écrire comme on parle pour parler: le langage délivre. Je réside à Paris.
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