Samedi 24 octobre 2009
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18:32
Par Philippe Olivier Parichot
premier café
Tout commence par la conscience de soi, laquelle est forcément limitée. Nous en sommes là.
Parfois sortant de ma douce torpeur de lettré poli, je me penche sur le balcon des ans, et je regarde mon siècle.
En nos temps désertés du combat Politique, d’un Ennui prodigieux, où pour les années 2000, le sommet du débat aura consisté à Paris à organiser un système de partage de vélos (les vrais partages
, juteux, ont eu lieu dans l’obscurité de cette farce), un âne aurait pu être Président, et une grenouille porte parole du Parti Socialiste, qu’on n’y aurait vu que du feu.
Chers lecteurs, chères lectrices, souvenons nous: le ton avait été donné en Amérique il y a quelques années, avec l’élection de l’acteur Ronald Reagan. Ont suivi le brillant intellectuel Arnold
Schwarzenneger, et cet autre acteur mal récompensé qu’était le fantaisiste Bill Clinton (surnommé par ses proches Pimpon Larirette). Bientôt interviendront des chanteuses sans doute et ce sera
justice, en attendant des comiques, des journalistes et des footballeurs. Voilà bien longtemps que le mot député faire rire les députés eux mêmes. Aux Etats-Unis toujours en avance d’une mode, il
s’en fut d’un rien qu’une reine de beauté, aux talents de gorge renommés, ne perçât. Sarah Palin. Un autre monstre de culture celle-ci, croyez moi, qui avait d’ailleurs proposé de brûler les
livres de William Faulkner, prouvant par là que contre toute attente elle savait peut être lire. Tout aussi convaincant fut Ahmed Ahmaninedjad, le président Iranien, cette merveille de tolérance
et d’ouverture d’esprit, qui s’est fendu récemment d’un “les français méritent mieux comme Président que Nicolas Sarkozy” dont je suis resté tout chose. Je partageais donc les opinions d’un
gardien de la révolution islamique ! Bougre de nom d’un petit bout de bois. Tout va donc si bien que je ne serai pas étonné d’apprendre un jour, entre deux promenades-lectures au parc Monceau,
que nous sommes représentés par un judoka. Il sera élu et ce sera de droit. Et que personne ne vienne dire que ce n’est pas mérité.
A vrai dire l'exhibitionnisme actuel, mué communication, du pseudo-débat public a pris un tour tel que désormais le plus atroce est à craindre. Et depuis que j'ai appris que
François Bayrou avait dévoilé son programme à la Grande Motte (on ne sait ce qu'elle en a pensé), et lu l'étrange apologie de la sodomie à sec dans les oeuvres complètes de Frédéric Mitterrand,
je me suis décidé à envisager le pire avec angoisse: une sex-tape de Michelle Alliot-Marie, en buzz sur You Tube. Un cauchemar. Nous n'en réchapperions peut-être pas.
Tout ceci n’a bien sûr rien d’étonnant. “Au stade du spectaculaire intégré” comme disait Guy Debord, - dont les oeuvres viennent précisément d’être l’objet d’une tentative d’intégration à la
BNF-, Les vraies décisions se prennent ailleurs que dans les programmes du Show permanent. Et les représentants du peuple sont purement décoratifs. Ce sont les personnages peints d’un
paravent destiné à masquer des orgies d’un autre âge. Aussi notre Césarounet local, plus hypocrite qu’un communiste chinois, a bien du mérite à donner du mensonge frontal en serrant les dents et
en haussant les épaules (exercice hautement difficile qui ne peut générer que des tics). Et de pistonner son fiston qui a redoublé 4 fois, tout en parlant d’Egalité des chances. C’est sans doute
ce qu’il appelle agir. Pris la main dans le sac il me fait l’effet de Sganarelle qui pour faire diversion jouerait du Racine. Pauvre France.
Mais passons. Que vogue leur galère. L’Histoire future, quand elle fera le dépars, ne gardera j’en suis sûr de nos Temps lourds et superficiels qu’une sensation de bruit de fond désagréable
dans le goût horripilant des flons flons forains. Et dans les coulisses éclaircies du Spectacle on découvrira sans doute bien des choses qui ne feront la gloire de personne. Aussi faisons nous
bien de fermer nos oreilles ( Rameau et le bon goût français pour accompagner ce billet ) aux fredons du temps et d’écouter de la vraie musique.
Ceci dit, je retourne à mes lectures, “En attendant de jouir dans le ciel de la récompense de mes vertus” pour pasticher Beyle, je vous salue. C’est assez pour aujourd’hui et mon blog a repris
quelques couleurs.
Mais les réflexions de politique courante vieillissent mal; je parie que dans quelques années plus personne ne se souviendra des personnages de cette histoire pathétique et que nos enfants feront
une moue disgracieuse lorsqu’on ressortira les patronymes de ces figurants. "Les morts ont tous la même peau " comme disait Boris Vian dont j’aime l’humour. Chers lecteurs, chères
lectrices, amis sincères ou passants occasionnels, vous avez eu la bonté de lire ces lignes, il ne vous reste plus qu’à les oublier.
Je vous souhaite un Bon Dimanche.
rassure toi je ne lui fais pas boire du café à 8 mois, les petits bébés reniflent tout, Thalia trempe ses petites lèvres fait une petite grimace charmante et replonge le nez dans la tasse pour bien vérifier que c'est amer. l'important pour elle est d'être sur les genoux de papa.
Quant à nous deux quelque chose me dit que nous prendrons peut être un expresso ensemble au soleil un de ces jours.
Bises
Philippe
"Enfin, enfin je te retrouve..." Ce n'est pas de moi, c'est de je ne sais plus qui
Et comme au permier jour où je
t'ai lu, tes mots sont une jubilation. J'avais entrepris d'écrire sur le même sujet, mais tu le fais ô combien mieux que moi ! Et avec un regard beaucoup plus distancié et cet humour acerbe qui
me ravit. Qu'ajouter que tu n'aies si bien dit ?

Sais-tu qu'après t'avoir lu hier soir j'ai rêvé que nous prenions un café à une terrasse ensoleillée ? Voici que mon esprit t'associe inconsciemment à un expresso !
Comme ta petite Thalia change ! Ainsi donc tu la mets déjà au café ? Tu nous en diras tant...
La musique est un ravissement.
Toute ma profonde affection à toi et d'infinies tendresses à ton précieux trésor.
Ciao Philippe, à très vite !