thailande

Mardi 23 septembre 2008

Par Philippe Olivier Parichot




Kata Beach, Thailande


                          C’était il y a quelques mois, en mars 2008. J’étais en Thailande pour 3 semaines et nous étions finalement arrivés dans l’ile de Phuket, au sud du pays, non loin de la Malaisie. Après plusieurs jours de virées bizarres et exténuantes à hanter les marchés de nuit j’avais passé la journée à la plage, les oreilles  blindées par les écouteurs de l’Iphone pour ne pas entendre les deux mafieux milanais, deux adipeux en slip mauve, volubiles au possible, qui squattaient le parasol voisin et se racontaient leurs nuits de débauche dans les bars de Patong, avec une suffisance repue. Une assez bonne journée en somme, un peu nulle, mais chaude, paresseuse, rythmée par les bains dans l’eau brûlante de la mer d’Adaman.

Ce jour là il ne me restait qu’à me laver, mettre une veste, et aller dîner près du bassin aux nénuphars où, je l’avais testé la veille, une délicate jeune femme thaie m’apporterait du bout de ses longs bras comme des baguettes de chair, des crevettes énormes et des bouchées à la vapeur. Et puis peut-être dormir.

Il était cinq heures de l’après midi. Comme à chaque fois que je suis en voyage, depuis quelques années, j’espérais bien n’en jamais revenir (tout sauf l’horrible vie de petit bourgeois de l'enfer occidental) désirant vaguement me faire poignarder dans des circonstances troublantes par un terroriste malais psycho-dépressif et je goûtais voluptueusement cette lente élongation de temps qui restera probablement ma définition du bonheur. A la fin me disais je ce serait le temps qui me tuerait. Le plus vite possible.

Là, de l’autre côté du monde, parmi ce peuple doux, sur la basse côte de Siam.

Le terroriste tardait.

Un coup d’œil vers V. ma fiancée, dorée et alanguie dans le soleil du soir, finit de me convaincre de repousser à un autre jour les expéditions nocturnes dans la jungle malaise et autres initiatives stupides destinées à me faire assassiner et du petit pas lent du touriste lambda, nous rentrâmes à l’hôtel, comme on dit dans les romans de gare, à l’aide de l’un de ces passés simples étrangement élégants, d’un autre âge, dont ils adornent leurs histoires à dormir en Train.

Non, décidément, ça valait le coup d’insister un peu. V. se faisait couler un bain et ne dépassait déjà plus de la mousse que par une cascade de cheveux blonds d’où émergeait sa frimousse rieuse, douce et bonne, d’excellente nature italienne. J’attrapai l’appareil photo Nikon D70 S qui traînait sur le lit, entre ses culottes et mes livres, et lui lançant un baiser dans l’air (nous avons ainsi de ces gestes un peu poncifs hérités du cinéma qui sont aussi de la culture) je lui dis que j’allais faire trois pas dans la rue visiter un peu, prendre un verre ou je ne sais quoi pour la rassurer. Elle n’eut que le temps de ne pas me croire. J’étais déjà dans l’ascenseur. Elle, furieuse et chaude, persuadée que j’allais me faire masser par une adolescente, moi bien décidé à me promener lentement.

Les rues de Kata Beach au soleil couchant baignaient dans une atmosphère de bronze qui me fit songer à la couleur des statues de Bouddha et allongeant le pas j’enfilai (que des métaphores sexuelles) l’avenue principale du village pour rejoindre avant la nuit le Temple doré dont j’avais aperçu les toits perçants la jungle vert humide depuis la terrasse de l’hotel.

Ainsi allait ma vie en ce temps là, à Kata Beach (je suis souvent de l’humeur du nom du lieu où je réside) entre psycho dépression et poncifs, non sans bonheur pourtant, à la recherche du bouddha d’or.



à suivre......





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